J’ai eu la chance de voir trois films récemment, qui, a priori, n’ont rien à voir.

Le premier est Camille Claudel, 1915. On y voit la sculptrice (interprétée par Juliette Binoche) errer dans les couloirs de l'hôpital psychiatrique de Montdevergues dans le sud de la France, où elle a été transférée. Le rythme y est lent, l’enfermement insupportable à Camille ; elle y attend la visite prochaine de son frère, Paul Claudel.

Pourtant dans ce film la beauté y est omniprésente : les lieux, le jeu des acteurs (de véritables soignants et internés), et Juliette, ah Juliette… sa grâce, la lumière émanant de son beau visage nu… Juliette I love you for ever !

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Autre actrice de talent, la jeune Pauline Etienne interprète dans La Religieuse (une adaptation d’un texte de Diderot) le rôle de Suzanne, une aristocrate du siècle des Lumières enfermée contre son gré dans un couvent. Elle se battra corps et âme pour mettre fin à cette injustice : sincère dans ses convictions, elle doit faire face à un clergé souvent contradictoire dans ses actes (notamment une des mères supérieures, interprétée par la toujours stupéfiante Isabelle Huppert).

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Autre époque autre mœurs, j’ai revu Le diable s’habille en Prada, adapté du roman de Laurence Weisberger. Andy (Anne Hathaway), fraîchement diplômée, s'y retrouve assistante de la plus redoutable rédactrice en chef qui puisse exister à New York, Miranda Priestly (Meryl Streep).

Et là vous allez me dire, quel est le point commun entre ces œuvres apparemment si différentes ? (Gigi are you losing the « boule » ???). La réalité est, mes amis, que ces trois films parlent de la même chose : la place de la femme dans notre société occidentale (ouais, gros).

Pourquoi Camille attend-elle Paul avec tant d’impatience ? Parce que, non mariée et son père décédé, l’artiste devient par défaut sous tutelle de son frère. Ce dernier, poète, bourgeois illuminé, refusera toute issue à sa sœur, qui passera la fin de sa vie internée, jusqu’en 1943, notamment sous prétexte d’une créativité trop exacerbée, dite « diabolique » (c’est à se demander qui est vraiment fou dans l’histoire…).

Idem pour Suzanne, qui, pour expier l’adultère de sa mère, n’a pas d’autre choix que d’obéir à sa famille. Heureusement Diderot lui offrira une fin plus heureuse.

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Andy quant à elle finira par s’extirper des griffes de Miranda. Mais on se rend compte que, contre toute attente, la plus libre des deux n’est pas celle que l’on croit. A l’heure où les femmes d’occident ont acquis les mêmes droits que les hommes, elles se retrouvent parfois prises dans leur propre piège : leur statut. C’est ainsi que la rédactrice en chef, si indispensable dans sa profession, vit un échec cuisant dans sa vie privée : ELLE NE PEUT REUSSIR VIE PRIVEE ET VIE PROFESSIONNELLE. Question cruciale qui divise plus que jamais, entre celles qui disent arriver à concilier les deux (Sheryl Sandberg, numéro 2 de Facebook), et celles qui jettent l’éponge, épuisées par une gestion devenue infernale (bras droite d’Hillary Clinton).

Ici point de Femen féminisme, bien au contraire ! Plus nos hommes seront épanouis, plus ils seront à même d’accepter à aider leur compagne dans l’éducation des enfants et l'exécution des tâches ménagères. Elles auront donc plus de temps pour :

  • créer des entreprises (29 % seulement le sont par des femmes)
  • se former (12 % d’accès contre 20 % des hommes)
  • s’engager dans la vie citoyenne (de 2,9 % à 7,8 % de mairesses, pour exemple)
  • avoir des CDI à temps plein (25 % des femmes contre 45 % des hommes)

Alors vous allez me dire, « Mais qui va s’occuper des enfants ???!!! ». Ici point de reniement de la maternité, mais si au fond ce n’était qu’un cycle dans la vie des femmes ? (et des hommes, hum, ouais vous aussi les gars z’êtes concernés)

Pourront-elles un jour retourner au travail sans qu'on leur reproche « d’avoir joué à la poupée » ?

Pourra-t-on un jour arrêter de penser que l’efficacité est liée au nombre d’heures passées au bureau ? (mouarf, je ris intérieurement…) Et si la France est au taquet au niveau productivité, ça serait pas parce qu’il y a d’la gonzesse au turbin par hasard ? (enfin j'dis ça, moi j'dis rien...)

Bref, tout ça pour vous dire, mes chéries, osez, entreprenez, créez, prenez confiance, allez de l'avant, affranchissez-vous du quand dira-t-on et autres cancanages stériles, faites-vous canon, enfilez vos plus belles chaussures qui brillent et AVANTI !!!

Et si vot’mec n’est pas d’accord… refourguez-lui bébé (avec l’eau du bain).

A l’heure où le capitalisme est devenu une arme de destruction massive d’emploi (nan c'est pas ça ??? me suis trompée ??? enfin moi j'dis ça...), n’oublions pas que ce sont les femmes qui les premières trinquent de la crise.

On peut décider de se laisser marcher sur les pieds par tous ces machos qui rôdent encore de trop du côté des assemblées décisionnelles.

On peut aussi décider de leur dire MERDE et d’agir en conséquence.

Suzanne, Camille, Andy et les autres vous diront merci.